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07.11.2021 - N° 752

Comment bien gérer la France

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Par Claude Goudron
 

Fondateur et dirigeant jusqu’en 2013 d’une PME industrielle pendant quarante ans,
Claude Goudron se consacre depuis sa retraite à la défense des TPE & PME
ainsi qu’à la promotion du libéralisme économique.
Il a pour cela rejoint le mouvement ETHIC et est devenu
administrateur référent PME au cercle Frédéric Bastiat.



Il faut s’inspirer des réformes Schroeder en Allemagne
pour mieux gérer la France.

L’économie est un domaine trop sérieux pour la confier à des hommes politiques qui, par manque de connaissance et surtout par électoralisme sont prêts à de nombreux manquements aux fondamentaux de l’économie.

TROIS CHOIX DE FINANCEMENT

Le premier choix de nos dirigeants est tout d’abord et par facilité celui de la fiscalité. C’est tout à fait normal à la double condition qu’elle reste équitable et surtout que soit fixée une limite tolérable, c’est-à-dire qui ne défavorise pas la pays par rapport aux autres dans une concurrence qui depuis un certain temps est devenue internationale.

Le moins que l’on puisse dire est que la France a atteint, voire largement dépassé cette limite. Elle est le pays le plus taxé en Europe avec un prélèvement obligatoire de 47,4 % du PIB, soit 7,2% de plus que la moyenne européenne donc 173 milliards d’euros de trop.

Ensuite, la dette est devenue la préférence du gouvernement, car il ne lui est plus possible de taxer davantage.

Mais là également ont été enfreintes toutes les règles pourtant acceptées et signées avec les partenaires européens lors des accords de Maastricht lesquels limitait à 3 % le taux de déficit annuel et un endettement ne devant pas dépasser pas 60 % du PIB.

À 65 % du PIB, la France était au même niveau que l’Allemagne en 2007. Aujourd’hui l’écart s’est envolé puisque l’Allemagne est à 70 % et la France à 115,7 en 2020.

Enfin, le choix d’une meilleure gestion est celui pour lequel il existe une grande marge de trésorerie. En effet, le moins que l’on puisse affirmer c’est que le pays a un rapport efficacité/coût des plus mauvais avec une dépense publique qui, depuis 1960, est passée de 30 % du PIB à 56 % ces dernières années voire 61,8 % pour 2020 à cause du covid.

La France peut et doit donc faire des économies sans dégrader le service public, voire même en l’améliorant.

Je citerai donc quatre domaines où les économies seraient les plus spectaculaires.

FRAUDES SOCIALES ET FISCALES

Selon le rapport de Charles Prats cette fraude s’élèverait à 100 milliards d’euros par an et se décompose en fraude sociale et en fraude fiscale.

Dans Cartel des fraudes il traite de la fraude sociale qui atteindrait 52 milliards par an avec 5 millions de fraudeurs. Ce livre-témoignage est commenté par Alain Mathieu, président de Tous contribuables.

Dans Cartel des fraudes 2 il aborde de façon documentée la fraude fiscale (incluant la fraude à la TVA). Elle s’élève à environ 30 milliards d’euros.

Ce sont donc plus de 80 milliards (valeur minimale) qui sont détournés annuellement. L’État ne se mobilise guère pour y remédier.

Éliminer la totalité de ces fraudes est quasiment mission impossible, mais il ne semble pas inaccessible de la réduire fortement, de l’ordre de 50 milliards, avec seulement un peu de volonté de nos gouvernants !

GESTION DE LA FONCTION PUBLIQUE

Le coût d’un fonctionnaire ne se limite pas à son salaire, il faut y ajouter locaux et frais de gestion afférents.

Une estimation a été faite du coût d’un fonctionnaire : chaque embauche coûte à la nation 3,5 millions d’euros.

C’est une somme colossale et c’est donc sur ce poste de dépense qu’il convient de réduire le train de vie de l’État.

Actuellement, 5,6 millions de fonctionnaires sont en exercice en France alors qu’ils n’étaient que 2,5 millions en 1980.

L’avènement de l’informatique et le développement d’une gestion optimisée constatés dans le secteur privé auraient dû permettre, à effectif équivalent, de satisfaire aux exigences actuelles.

C’est l’auto-alimentation d’une administration devenue ingérable et donc d’une inefficacité notoire qui a conduit à la création de plus de trois millions de postes supplémentaires.

Rien ne semble arrêter cette inflation administrative malgré les engagements de tous les candidats à la précédente élection présidentielle. Elle a encore augmenté de 44 000 alors qu’Emmanuel Macron s’était engagé à une modeste diminution de 120 000. Il y a eu 11 600 fonctionnaires en moins, mais 55 600 contractuels supplémentaires.

Bien que les domaines de la santé, de l’éducation et de la sécurité disposent actuellement d’un effectif supérieur à la moyenne européenne, je pense que les besoins spécifiquement français exigés pour une adaptation n’auraient pas dû dépasser 1,1 million de créations de nouveaux postes. En réalité au minimum deux millions de fonctionnaires sont en trop, et trois millions si on veut optimiser au maximum cette fonction publique.

Sachant que chaque embauche de fonctionnaire coûte 3,5 millions d’euros, cette gabegie a coûté 7000 milliards (2 000 000 x 0,0035). Sur une carrière moyenne de 40 ans, on atteint tout de même 175 milliards annuels !

Tous ceux qui pensent qu’on ne peut pas baisser le nombre d’infirmières et de policiers ont raison : faisons-les travailler durant toute leur carrière autant que leur équivalent allemand, c’est-à-dire débuter plus tôt dans la vie professionnelle, temps de travail annuel, assiduité et surtout départ à la retraite à 65 ans aujourd’hui et déjà programmé à 67 ans en 2029, ce qui représente 30 % de plus.

30 % correspondent à 1 698 000 équivalents temps plein. Il restera donc 300 000 suppressions réelles de poste d’administratifs dont la nocivité est démontrée avec la crise covid.

GESTION DU CHÔMAGE

La France est le seul pays à ne pas avoir su régler son problème de chômage. Elle doit refondre complètement son système et enfin le gérer véritablement.

La France s’enorgueillit d’un taux à 7,5 % alors que celui de nos voisins allemands est de 3,1 %.

Il existe donc un problème typiquement français qui a deux origines.

– Trop forte indemnisation du chômage et manque de contrôle encouragent de trop nombreux chômeurs à s’installer dans cette situation. Des réformes bien ciblées devraient le réduire de 3,5 % pour atteindre 4 %.

– Perte de compétitivité de l’industrie française passée de 22 % du PIB en 1970 à 16 % en 2000 et 10,1 % de nos jours (source INSEE). L’Allemagne est actuellement à 25 %.

Ce sont donc 1,6 million de chômeurs à sortir de l’indemnisation pour un coût moyen de 907 euros par mois (sans compter les frais de gestion) soit 10 884 euros annuel (source www.insee.fr indemnisation du chômage)

Si le chômeur retrouve un emploi il va générer en moyenne un versement de charges sociales de 54 % sur un salaire annuel moyen de 28 800 euros soit 15 552 euros.

Au total ce sera la somme de 10 884 + 15 552 = 26 436 euros x 1,6 million soit 42 milliards de trésorerie en plus pour le pays.

Rien que pour ces trois domaines, fraudes, fonctionnaires et chômage c’est une économie de gestion annuelle de 267 milliards dont le pays aurait bien besoin de nos jours.

ENVIRONNEMENT ENTREPRENEURIAL

Cela fait déjà vingt ans que je dénonce la désindustrialisation du pays. Il est logique que notre tissu industriel se dégrade fortement depuis qu’en 2001 le dirigeant d’Alcatel Serge Tchuruk rêvait d’une entreprise sans usine, depuis que la valeur du travail n’est plus reconnue avec la mise en place catastrophique de la semaine de 35 heures, depuis que les gouvernements successifs ont ajouté en permanence des contraintes supplémentaires à une industrie déjà plombée par une taxation la plus élevée des pays de l’OCDE.

Les incantations du ministre des Finances n’y feront rien, les industriels créeront en France, se développeront en France et relocaliseront en France seulement s’ils retrouvent une taxation et des contraintes normatives équivalentes à leurs concurrents étrangers.

Nos industriels ont tellement été trompés que ces mesures de bon sens doivent être inscrites dans la Constitution afin que le gouvernement suivant ne puisse pas les remettre en cause.

La France est le seul pays qui n’a pas compris que trop d’impôts tue l’impôt et l’entreprise. L’exemple de la flat tax sur les dividendes est éclairant. En la limitant à 30 %, prélèvements sociaux compris, l’État confirme avoir obtenu de meilleurs résultats.

La même logique peut être appliquée aux charges sociales et autres impôts de production. Ce sont ces prélèvements excessifs qui ont fait perdre plus de la moitié du tissu industriel français. En adoptant les mêmes règles que l’Allemagne dans ces deux domaines le pays retrouverait à terme une part dans le PIB de 24 % soit 364 milliards de plus et en partie dans le déficit commercial constaté depuis 2004 (source www.insee.fr solde balance commerciale).

Le résultat serait un PIB par habitant qui passerait de 43 551 dollars à plus de 50 000 dollars, rejoignant ainsi l’Allemagne.

En extrapolant nous pourrions passer d’un effectif de 3,18 millions de salariés de l’industrie à plus de 7 millions soit la création de 4 millions d’emplois qui résoudrait le problème de chômage et procurerait un emploi aux deux millions de fonctionnaires dont le poste serait supprimé.

CONCLUSION
 
Je défie tout contestataire de mettre en défaut ma démonstration. Certains hommes politiques en sont conscients mais manquent de courage et ne veulent pas affronter une contestation qui, par méconnaissance généralisée des syndicalistes, ne manquera pas de mettre dans la rue un grand nombre de Français, mais pas une majorité.

Gérard Schroeder l’a fait, il y a eu des contestations, il a tenu bon, il n’a pas été réélu, c’est Angela Merkel qui en a profité et qui n’est pas revenue sur les réformes Hartz.

Les résultats sont incontestables, alors qu’attendons-nous ?

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