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06.09.2021 - N° 691
Glyphosate : les écolos veulent ramener l’agriculture au XIXe siècle
Par Armand Paquereau Armand Paquereau est agriculteur à la retraite, auteur de billets d’humeur sur Wikiagri.fr et coordinationrurale.fr et auteur de « Cultiver la terre de Charentes » édité en 2010 par Le Croît Vif. ![]() La
lutte incessante des écologistes et environnementalistes pour obliger
tous les agriculteurs français à se convertir à l’agriculture
biologique comme au XIXe siècle comporte des dangers évidents. GLYPHOSATE : DES POSITIONS ET CONCLUSIONS CONTRADICTOIRES Pourtant, au grand dam des militants anti-pesticides, ce document rapporte des conclusions plutôt rassurantes : "L’analyse
a été menée pour tenter d’expliquer les conclusions divergentes du BfR
et de l’EFSA avec celles du CIRC. […] Le niveau de preuve de
cancérogénicité chez l’animal et chez l’homme est considéré comme
relativement limité et ne permet pas de proposer un classement 1A ou 1B
(cancérogène avéré ou présumé pour l’être humain) dans le cadre de
l’application des critères du règlement(CE) n° 1272/2008 (CLP)"
Extrait de « Glyphosate Use and Cancer Incidence in the Agricultural Health Study » : "Le
Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) a classé le
glyphosate comme « probablement cancérogène pour l’homme », notant de
solides preuves mécanistes et des associations positives pour le
lymphome non hodgkinien (LNH) dans certaines études épidémiologiques"
Cependant, de nombreuses études de diverses nations concluent différemment. Entre autres, une étude aux USA menée sur 54 251 utilisateurs de produits phytosanitaires, dont 44 932 utilisant du glyphosate, pour un période de 1993 à 2005 "N’a constaté aucune association apparente entre le glyphosate et les
tumeurs solides ou les malignités lymphoïdes dans l’ensemble, y compris
les Lymphomes Non Hodgkiniens et ses sous-types. Il y avait des preuves
d’un risque accru de Leucémie Myéloïde Aigüe parmi le groupe le plus
exposé qui nécessite une confirmation."
À l’inverse, le site US, Right to know (États-Unis, droit de savoir) reprend différents arguments censés démontrer la dangerosité du glyphosate. Il cite le CIRC et son positionnement pour une probable action cancérogène du glyphosate pour l’Homme. Il soutient qu’aux États-Unis, l’EPA (Environnemental Protection Agency) n’a pas suivi les protocoles appropriés pour étayer ses déclarations entre 2016 et 2019 que le glyphosate ne posait aucun problème pour la santé humaine. Pour l’Europe, il insinue que l’EFSA (Europeen Food Safety Authority) et l’ECHA (Europeen Chemical Agency) auraient assis leurs recherches et conclusions sur des données orientées, manipulées par l’industrie chimique, voire plagiées sur des données de Monsanto. Il constate que la FAO et l’OMS ont conclu que le glyphosate ne pose aucun problème relatif à l’alimentation mais que cette position est ternie par le fait que le président du groupe a également occupé des postes de direction à L’International Life Institute, financé par le lobbying de Monsanto. UN PEU DE PRAGMATISME Au vu de toutes ces positions contradictoires, dont il est difficile d’appréhender le sérieux, l’objectivité et la liberté de toute emprise économique ou idéologique, le citoyen moyen a le droit de se poser quelques bonnes questions. Le glyphosate n’est pas un produit naturel, il est donc a priori suspect même si certains produits naturels peuvent être mortels comme la ciguë, l’if, l’amanite, la toxine botulique, etc. Ce qui interpelle en premier, c’est que ce produit utilisé depuis 45 ans, dont 8,6 millions de tonnes ont déjà été répandues de par le monde pour détruire les adventices concurrentes des cultures, n’a pas encore démontré avec évidence des effets délétères sur la santé. Par contre, le Médiator mis sur le marché en 1976 se voit controversé dès 1981 et son métabolite interdit aux États-Unis et dans la plupart des pays européens en 1997. Le glyphosate agit uniquement par contact foliaire des plantes par blocage de la fonction chlorophyllienne. Il n’a pas d’action rémanente. Pour preuve, un semis qui lève une semaine après application de glyphosate pour nettoyer préalablement le sol ne présente aucun symptôme de phytotoxicité. Les cultures OGM étant interdites dans notre pays, il n’y a aucune possibilité de retrouver des résidus de cet herbicide dans les produits alimentaires issus des cultures françaises. L’organisation des Producteurs de Grains, branche grandes cultures de la Coordination Rurale, a fait analyser par le laboratoire Eurofins Analytics de Nantes des produits récoltés en France et des produits importés : ![]() (1) : Acide aminométhylphosphorique (AMPA) en mg/kg (2) Glyphosate en mg/kg (3) Glufosinate en mg/kg On y voit clairement pourquoi certaines associations écologiques peuvent retrouver des résidus de glyphosate et d’AMPA dans des produits distribués à la consommation. Ces produits ne sont retrouvés que dans des produits d’importation. Il faut noter que l’AMPA est un métabolite de la dégradation du glyphosate, mais aussi des phosphonates utilisés dans la fabrication de lessives. Il est donc difficile de déterminer avec certitude l’origine de sa présence dans les eaux superficielles. Cependant, il semblerait que l’augmentation des concentrations d’AMPA dans les eaux corresponde avec le remplacement des phosphates par les phosphonates dans les lessives : ![]() Ces données proviennent du syndicat mixte du grand bassin de l’Oust qui précise que l’AMPA n’était pas recherché dans l’eau avant 2004. Cependant, il est évident que la quantité de métabolites est largement supérieure à la quantité de glyphosate. GLYPHOSATE : DES COMMUNICATIONS ORIENTÉES ET TENDANCIEUSES La volonté des anti-pesticides d’interdire toute utilisation de glyphosate n’a reculé devant aucune action pour arriver à leurs fins. Ainsi, afin de lutter contre la prorogation de l’autorisation européenne du glyphosate, l’association Générations Futures a publié une enquête aux résultats alarmants : ![]() Cette information peut affoler les consommateurs, mais comme il a été prouvé plus haut, seuls les produits d’importation peuvent contenir des résidus de glyphosate. Et Générations Futures occulte la provenance des échantillons analysés. Ce qui est interrogatif, c’est que les écologistes demandent l’interdiction du glyphosate en France, alors qu’on n’en trouve pas de résidus dans les produits français, mais ne demandent pas l’interdiction d’importer des produits qui en contiennent et surtout occultent l’origine des produits analysés. De même, associée à Générations Futures, l’association Nous voulons des Coquelicots imitées par d’autres associations a lancé une campagne médiatique des Pisseurs Involontaires de Glyphosate (PIG, acronyme à rapprocher du mot anglais). Le but était de démontrer que tous les consommateurs avaient dans leurs urines des quantités de glyphosate. Elles ont lancé des campagnes de prélèvement : 176 pissodromes dans 63 départements ont récolté 6848 échantillons (6796 analysés) et 5300 plaintes déposées. Chaque participant a déboursé 90 euros pour l’analyse d’urine et 135 euros dépôt de plainte compris (dont 5 euros de cotisation). Les résultats sont spectaculaires. DES AFFIRMATIONS CONTREDITES Ces analyses ont été confiées au laboratoire allemand BIOCHECK selon la méthode Elisa. On s’est aperçu que laboratoire a été cofondé en 1997 par Monika Krüger, vétérinaire de formation, bien connue comme étant anti-glyphosate. Les résultats de ce laboratoire interpellent. La totalité des échantillons analysés par BIOCHECK sont positifs, et les donneurs d’ordre notoirement positionnés comme écologistes. Les analyses effectuées par les autres laboratoires sont radicalement plus disparates, pour des donneurs d’ordre émanant d’organismes officiels. Devant autant de présomptions d’orientation de la communication, les agriculteurs insidieusement visés en culpabilisation par cette campagne ont décidé de réagir. Ainsi, en 2019 dix agriculteurs du Morbihan et un riverain ont fait réaliser, sous contrôle d’huissier, une analyse croisée de leurs urines. Le 7 novembre, les cobayes ont prélevé simultanément deux échantillons des urines du matin, qui ont été envoyés, par huissier et selon le protocole exigé, l’un au laboratoire allemand BioCheck, situé à Leipzig et qui a réalisé l’ensemble des analyses des « pisseurs volontaires », l’autre au laboratoire Labocea de Brest, un laboratoire public dont le service des micropolluants organiques est accrédité par le Cofrac (Comité français d’accréditation), gage de rigueur scientifique. Les résultats sont édifiants. Un agriculteur de la Vienne a suivi le même process. Il a cotisé à Nous Voulons des Coquelicots pour faire analyser son urine et dans le même temps il a confié au CHU de Limoges des échantillons de son urine et de son sang pour des recherches de présence de glyphosate. Il a reçu du laboratoire Biocheck des résultats en langue allemande mentionnant une présence de glyphosate de 0,84 ng/ml (=0,84µ/L). Par contre, les échantillons confiés au CHU de Limoges étaient en dessous des seuils de détection. Cet agriculteur a d’ailleurs déposé deux plaintes auprès du Procureur de la république de Poitiers. Son action est exemplaire, car elle vise à dénoncer cette médiatisation d’activistes écologistes qui veulent interdire à l’agriculture d’utiliser des produits dont le bénéfice/risque est largement positif. Il est étonnant que les syndicats agricoles n’aient pas suivi l’exemple de ces agriculteurs et poursuivi en justice ces associations pour l’usage qu’ils font de l’information. Les conséquences se traduisent par un dénigrement des agriculteurs. Un nombre grandissant d’entre eux se voient invectivés, agressés jusque dans leurs champs et leurs fermes, leurs matériels détériorés au prétexte qu’ils emploient ce que les écologistes appellent des pesticides, mais qui ne sont que les médicaments des plantes et des animaux, homologués par les pouvoirs publics avec la même rigueur que les médicaments pour les humains. Pourquoi les écologistes ne s’attaquent-ils pas à l’usage des médicaments dont la quantité annuelle utilisée est supérieure à celle des phytosanitaires agricoles ? Il faut noter que Générations Futures, dans un rapport du 17 juin 2000, reconnaissait que le glyphosate n’était ni cancérogène, ni mutagène ni reprotoxique (CMR), ni suspecté perturbateur endocrinien : ![]()
Copie d’écran de la page 6 du rapport
LE GLYPHOSATE, UN ACTEUR MAJEUR DE L’ÉCONOMIE MODERNE Les écologistes veulent par tous les moyens ramener l’agriculture française à des pratiques du XIXe siècle. Cependant, en un peu plus d’un demi-siècle, le nombre d’agriculteurs a diminué de deux tiers. Dans le même temps, la part alimentaire dans le budget des ménages a diminué dans les mêmes proportions. Cette évolution a été permise par l’évolution de la mécanisation, de la génétique et de la chimie. Les herbicides ont permis une économie de main-d’œuvre et une augmentation des rendements par la suppression économique et efficace de la concurrence des adventices. Interdire leur emploi aux agriculteurs français les condamnerait à arracher les chardons à la main et à sarcler les champs à la binette. Cela nécessiterait une main- d’œuvre qui n’existe plus et qui même n’accepterait plus ce travail pénible et fastidieux. En témoigne ce fraisiculteur lot-et-garonnais qui proposait en février 2021 cinquante CDI de cueilleurs dans une serre ultra moderne, offres d’emplois restées sans réponse. L’AVENIR DE NOTRE INDÉPENDANCE ALIMENTAIRE La lutte incessante des écologistes et environnementalistes pour obliger tous les agriculteurs français à se convertir à l’agriculture biologique comme au XIXe siècle comporte des dangers évidents :
Il est d’importance capitale que l’information sur tous les sujets,
qui concernent directement ou indirectement tous les citoyens, soit médiatiquement traitée en toute transparence et objectivité dans l’intérêt commun.
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