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06.12.2020

Ca sent si bon, la France
 

Par PIERRE REHOV



Pierre Rehov est reporter de guerre, réalisateur de documentaires sur le conflit Israélo-Arabe, et expert en contre-terrorisme, et écrivain.
Réalisateur de « Les otages de la haine » et  de « Les réfugiés du silence » films documentaires sur les réfugiés Juifs de pays arabes et les réfugiés Palestiniens, de "Suicide Killers" et "The Path to darkness" ( sur le terrorisme-suicide ) de "Crimes de guerre à Gaza", "B.D.S." et de "Dévoiler Jérusalem". Auteur de "Cellules Blanches" ( Editions Albin Michel ).




J’ai quitté la France en 2008 pour vivre aux USA. Ce n’était pas la première fois car j’avais déjà vécu à Los Angeles entre 1983 et 1986.

Pour la petite histoire, je n’ai connu la France qu’après avoir été chassé d’Algérie avec toute ma famille en 1961. A Alger, j’avais eu le triste privilège de découvrir ce que pouvait être la haine et l’absurdité des hommes quand, alors que j’avais sept ans, mon école a été plastiquée par les terroristes du FLN puis, quelque temps plus tard, par un graffiti noir dégoulinant comme dans les films d’horreur et bien explicite sur le mur de l’immeuble où nous vivions. Il clamait, ce que les terroristes musulmans continuent de revendiquer aujourd’hui : « Les Arabes au château, les Français au bateau, les Juifs au poteau ».

"Je n’ai connu la France qu’après avoir été chassé d’Algérie
avec toute ma famille en 1961"


Nous sommes soixante ans plus tard et les images qui ont flétri mon enfance, les terreurs que j’ai éprouvées alors, le bruit des bombes la nuit, les voitures incendiées, les magasins détruits, semblent avoir voulu me poursuivre. Trop tard, je suis parti.

J’ai quitté cette France que j’aimais, ce Paris ville lumière dont la magnificence s’exprimait à travers tous les sens. Odeurs du croissant beurre et du café mêlées à celle du tabac froid au comptoir du bistrot du coin. Chant matinal des oiseaux et son des cloches dans le lointain. Soleil levant après une nuit blanche passée à errer place de la Contrescarpe, sur les marches du Sacré-Cœur, près de la Fontaine Saint Michel ou ailleurs, pourvu que l’on ressente ce souffle de liberté qui habite l’adolescence et l’enthousiasme qui berce les rêves d’un jeune adulte. Le goût d’une tête de nègre achetée à la boulangerie du coin pour accompagner peut-être un chocolat chaud- y’a bon Banania. C’était avant d’être nègre littéraire, un terme que l’on n’a plus le droit d’employer. On riait des décalcomanies de l’oncle Picsou sur les « Pigeot » mais c’était un rire bon enfant, sans arrière-pensées, et Mahomet était un personnage historique comme les autres que l’on avait le droit de railler comme on se moque du roi Dagobert sans pour autant risquer de se faire trancher la gorge. Le terme « politiquement correct » n’avait aucune signification dans cette France là, et, pendant mon service militaire, nous étions toute une bande contre l’adjudant: un Noir, un Arabe, un Juif, trois Cathos… mais qu’est ce que l’on se fichait de nos identités respectives !
Aujourd’hui, si vous saviez où je me mets le « politiquement correct », moi qui suis moins raciste que mère Thérésa mais qui, à ce titre, revendique le droit de dire à un con que c’est peut-être un sale con !

Je regrette et pleure cette France qui n’aurait pas osé dire à Coluche qu’il était politiquement incorrect de se moquer des minorités de la même façon que moi, Juif, je raffole des blagues qui soulignent en les exagérant les défauts de ma petite communauté (si dérangeante pour certains).
La France, bien sûr, de Desproges, Vassilu et de Philippe Clair – dont le pamphlet audio « Rien Nasser de courir », désormais introuvable car interdit, avait laminé le dictateur égyptien et, plus généralement, la lâcheté et la stupidité des armées arabes lorsque, avec l’aide massive des Soviétiques, ces crétins avides de sang avaient tenté d’effacer Israël de la carte en 1967.
Cette France qui, avant l’idiotie, que dis-je, le crime du « rapprochement familial » promu par Giscard d’Estaing, ouvrait ses bras à une immigration digne de ce nom, c’est-à-dire non pas un envahissement, une conquête, un remplacement, mais l’arrivée en l’Hexagone d’Espagnols, de Yougoslaves, de Portugais et d’Italiens, disons le clairement d’Européens judéo-chrétiens mais, également, d’Africains de bonne foi, misérables et dignes de compassion, de Maghrébins pacifiques et épris de liberté, venus chercher l’opportunité d’un travail bien rémunéré, de la même manière que l’on émigre aux USA pour contribuer et tirer profit de son travail et non dans le seul but d’abuser – comme c’est le cas aujourd’hui – d’un système défaillant.

En l’honneur de cette France-là, et parce que les vieilles chansons portent en elles leur pesant de nostalgie, je poste aujourd’hui, avec regret, tristesse et colère, cette petite vidéo qui devrait vous faire bouillir les sangs :



De profundis la France. Mergitur nec flucuat.


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