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25.10.2020

Le gaz, source des conflits du Moyen-Orient
et de la lâcheté européenne


Par MANUEL GOMEZ

Manuel Gomez est né à Alger (Bab-el-Oued) le 17 novembre 1931.
Engagé par Albert Camus, à l’âge de 15 ans, comme  pigiste à « Alger Républicain », Manuel Gomez a poursuivi sa carrière comme rédacteur dans les quotidiens « La Dépêche d’Algérie », puis à Paris à « L’Aurore » et « Paris-Turf.
Il a été chef de rubrique au « Méridional » de Marseille
 et rédacteur en chef de « Midi-Magazine » à Nice.
Gomez a été le proche collaborateur de M. Georges Bidault, dernier président, après Jean Moulin, du Conseil National de la Résistance et dernier responsable de l’OAS, après l’arrestation du général Salan, et rédacteur en chef du Bulletin National du CNR/OAS « France Presse-Action » en 1961. Après 1995, il a écrit et publié 21 livres, tous en vente sur Amazon, y compris le dernier « Et si je revenais… » paru cette semaine. »
Lauréat du « Prix Véritas » 2015 pour son livre « J’accuse De Gaulle ».

Quelles sont les raisons et les objectifs stratégiques, économiques et géopolitiques qui sont à l’origine des conflits qui opposent tous ces pays ?

Il me paraît nécessaire de les expliquer plus clairement et en toute objectivité.

Cela a débuté en 1971.

Dans le golfe persique une immense poche de gaz est découverte qui couvre 20% des réserves naturelles du monde. Répartie par moitié entre l’Iran et le Qatar, les premiers l’ont baptisée «South Pars» et les seconds «North Dome».

Les premiers forages ont débuté en 1988 et dès 1996 sont passés en phase de production et leur capacité a augmenté au fils des années.

Frappé par un blocus économique, l’Iran n’a pas bénéficié immédiatement de cette manne, ce qui, on vient de le lire, ne fut pas le cas pour le Qatar.

D’un autre côté il y a l’Europe, énorme consommatrice de ce même gaz qu’elle ne produit pas et qu’elle doit acheter sur le marché international.

Or, les trois grandes sources de ce gaz, nécessaire à l’alimentation de l’Europe, sont l’Algérie, la Russie et les productions de la mer du nord, exploitées par la Norvège et la Grande Bretagne.

La Russie a noué de fortes relations économiques avec l’Algérie, sur la commercialisation de ce gaz avec l’Europe, ainsi les pays européens sont toujours sous la menace possible d’une coupure d’approvisionnement de ce gaz russe, et donc également du gaz algérien, qui la plongerait dans une très grave crise énergétique.

Cette situation préoccupante, et la conjonction de tous ces facteurs, font que l’Europe, qui se trouve devant la nécessité de diversifier ses sources énergétiques, se tourne obligatoirement vers l’Iran et le Qatar.

Dès 2007, le Qatar, avec pour objectif de vendre son gaz à la France mais, surtout, dans celui plus lointain et plus important de construire un gazoduc direct qui relierait le Qatar à l’Europe, traversant l’Arabie saoudite, la Turquie puis les Balkans, a investi largement en occident.  

Mais le problème majeur se situait près de chez eux car, entre l’Arabie saoudite et la Turquie, il était obligatoire de traverser l’Irak et la Syrie.

L’Irak étant en guerre, comme on le sait, les qataris et les saoudiens n’ont eu comme seule ressource que de proposer à Bachar El Assad de construire ce gazoduc en Syrie.

Allié des russes, El Assad a refusé ce partenariat qui allait forcément priver la Russie de son énorme atout stratégique et énergétique contre l’Europe.

Le Qatar et l’Arabie saoudite décidèrent donc, par rétorsion, de consacrer quelques milliards à la création de milices terroristes en Syrie, dans l’objectif d’aboutir à la destitution de Bachar El Assad, et dans l’éventualité que son successeur, très probablement un islamiste, accepterait, comme seule obligation de sa prise de pouvoir, la construction de ce gazoduc.

Ainsi ces deux pays arabes ont financé très largement Al Nosra, branche d’Al Qaïda en Syrie, et la guerre civile a éclaté.

Elle s’est poursuivie depuis des années et se poursuivra encore longtemps.

Ce que n’avait pas prévu, ni le Qatar, ni l’Arabie saoudite, c’est que ce qui ne devait être qu’une guérilla qui, au début, a été très défavorable au régime de Bachar El Assad, allait faire naître une énormité : l’Etat Islamique, le califat.

Ce que n’ont pas compris immédiatement, dès septembre 2013, les Etats-Unis, l’Angleterre et la France c’est qu’il s’agissait là d’une menace mondiale et, dans un premier temps, ils décidèrent d’intervenir militairement, par une flotte de guerre, afin de soutenir les rebelles syriens et obtenir la chute du régime de Bachar El Assad.

Mais c’était sans compter sur la Russie.

La vengeance : quelques mois plus tard, les services secrets européens, les barbouzes de la DGSE, avec l’accord des USA, organisaient un coup d’état en Ukraine.

L’objectif premier étant de rendre coup pour coup à la Russie, qui avait eu l’audace de s’opposer à la coalition quelques mois plus tôt et qui s’imaginait devenir une super puissance avec laquelle il allait falloir désormais compter.

La réaction des russes fut immédiate : elle annexa sans coup férir la Crimée, s’offrant ainsi un port direct vers l’occident, et engagea une guerre civile en Ukraine.

Et pendant ce temps la guerre se poursuivait en Syrie et en Irak. Al Nosra installait confortablement l’état islamique et le califat.

Constatant que l’Arabie saoudite finançait ouvertement les islamistes, l’Iran, qui se voulait l’allié des pouvoirs légitimes en place, aussi bien en Syrie qu’en Irak, et qui était en conflit permanent avec les saoudiens, organisa une révolte armée au Yemen contre l’Arabie saoudite.

Elle débuta en mars 2015.

Ces deux pays, Iran et Arabie, s’opposaient dès lors sur trois fronts : Syrie, Irak et Yemen avec toujours comme objectif principal l’exploitation des deux poches de gaz «North Dome» et «South Pars».

Bachar El Assad, face à de grosses difficultés militaires sur les différents terrains d’opérations, où son armée opposait de moins en moins de résistance aux rebelles et aux islamistes, demanda aide et assistance à Poutine, qui prit la décision, il y a quelques années, d’intervenir lourdement avec son aviation et quelques troupes au sol, afin de le soutenir.

L’issue de la guerre changea immédiatement de camp et, toujours avec l’aide des Kurdes dans le nord, ses alliés involontaires qui luttent pour leur propre cause, l’armée syrienne reprit progressivement le dessus.

Les attentats, ciblés ou non, organisés partout dans le monde par les terroristes de l’état islamique obligèrent les « démocraties » occidentales à changer leur fusil d’épaule.

Ne pouvant plus s’opposer ouvertement à l’habilité d’un Poutine qui gagnait, dans un premier temps, la guerre médiatique en occident, avant de la gagner tout court sur le terrain, elles prirent également fait et cause pour le régime de Bachar El Assad (à l’exception de la France, toujours hostile, qui réserve ses frappes et son intervention au territoire irakien).

Toutes ces guerres, ces centaines de milliers de morts, ces massacres, ces attentats, ces crimes, ce barbarisme, pour la construction d’un gazoduc qui ne verra jamais le jour et dont on ne reparlera jamais plus.

Mais la paix est-elle revenue pour autant ? Bien sûr que non. La paix n’intéresse que l’Occident.

La Turquie et son ambition de reconquête d’un empire ottoman et sa haine contre les Kurdes, les Arméniens, et la France. L’Iran et son obscurantisme religieux, qui en fait l’ennemi juré d’Israël et de l’Arabie Saoudite. L’Afrique qui ne cesse de comptabiliser ses « révolutions » et ses morts. Le Pakistan, l’Afghanistan, peut-être, demain, la Corée du Nord, et qui encore ?

Et pendant ce temps-là, ces « utopistes » d’écologistes qui veulent sauver le monde dans cent ans, alors qu’il se pourrit quotidiennement.

Et pendant ce temps-là, des milliards pour découvrir un vaccin pour une « pandémie » qui a tué, paraît-il, près de 35.000 citoyens français…et notre économie, alors qu’on ne les trouve pas pour vaincre le « cancer » qui tue plus de 150.000 Français et Françaises chaque année et plus de 6 millions d’êtres humains sur notre planète. (2018).

Dans quel monde de fous vivons-nous !


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