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30.09.2020
Jean-Patrick Grumberg :
« Mon opinion sur le premier débat présidentiel »

Par JEAN-PATRICK GRUMBERG
Jean Patrick Grumberg est journaliste.
Dans les années 70, il a travaillé sous la direction de Georges
Wolinski à Charlie mensuel, puis a été chef d’entreprise, lobbyiste.
Il a vécu à Paris, à Los Angeles et à Tel Aviv, et vit entre la Californie et Israël.
Le premier débat présidentiel vient de se terminer.
C’est une déception à plus d’un titre.
Peu
de substance, pas de clair gagnant, beaucoup de propos désordonnés (et
Trump n’y est pas pour peu, c’est ainsi qu’il est), et demain, tous les
médias, évidemment, diront que Joe Biden a écrasé Trump et a été le
grand gagnant du débat – ce n’est pas vrai.
Ce qui est vrai est que les médias de droite ont énormément abaissé les
attentes sur Biden en disant qu’il allait perdre les pédales et
cafouiller, et parce qu’il ne les a pas perdues, on pourrait dire que
Biden a remporté le débat à cause du narratif de la droite.
Ce qui est vrai est qu’à un moment du débat, Joe Biden a commencé à
totalement perdre les pédales et dire des propos incohérents, mais
hélas, Trump l’a interrompu et lui a sauvé la mise.
Joe Biden a beaucoup menti, et il a insulté le président de manière
assez honteuse. On a reproché à Trump de ne pas être présidentiel, mais
Joe Biden, en traitant Donald Trump de clown à deux reprises, et en
disant que tout ce qu’il dit est mensonge, s’est révélé moins que
présidentiel.
A toutes les questions qui lui sont posées, Joe Biden ment ou reprend à
son compte les attaques de Trump et les accomplissements de Trump.
Trump semble déstabilisé par cette tactique, il n’est pas en mesure,
dans les deux minutes qui lui sont allouées, de contrer autant de
mensonges de Biden. La difficulté est que le grand public qui regarde
n’est pas assez informé pour savoir quand Joe Biden ment.
Par exemple, Biden ment en reprenant le vieil hoax sur Charlottesville
qui a été mille fois débunké par tous les vérificateurs de faits et les
journaux de gauche, comme quoi Trump aurait dit que les néo-nazis
étaient des gens bien. Trump n’a jamais dit ça, il a dit qu’au milieu
des manifestants, il y avait des gens bien de deux côtés. Wallace
aurait dû rectifier Biden, mais il le laisse parler parce qu’il n’aime
pas Trump.
Cour suprême
Chris Wallace demande aux deux candidats de s’expliquer sur leur point
de vue opposé sur la nomination d’un juge à la Cour suprême avant
l’élection.
- Trump
reprend une phrase d’Obama : « elections have consequences » (les
élections ont des conséquences), explique qu’il a été élu pour 4 ans et
pas pour 3 ans, et que « si les Démocrates étaient à notre place, ils
feraient la même chose » (nommer un juge avant l’élection)
- Biden
est faible, il n’a pas d’argument, et se contente de dire “les gens
devraient pouvoir choisir leur juge », et il trébuche trois fois dans
sa phrase. Il ajoute que « Barrett va annuler l’assurance pour tous ».
- Trump
: « Je ne suis pas élu pour 3 ans, mais 4. 120 millions de personnes
ont déjà une assurance et sont content avec ça, et vous allez la
supprimer. Votre parti veut aller socialiste, et il va vous dominer. »
Biden ne regarde pas Trump quand il lui parle.
- Biden : « la fin de l’avortement libre est dans cette nomination. »
- Trump
: « Pas du tout, vous n’en savez rien, pourquoi vous dites ça ? Ce
n’est pas vrai. » (Trump a raison et Biden reprend la ligne des médias,
Barrett a plusieurs fois déclaré qu’elle ne voyait pas l’annulation de
la décision Roe v Wade, et en temps que juge, elle a voté au moins deux
fois pour préserver l’avortement).
Trump,
voyant que Biden ne le regarde pas et ne lui répond pas, et qu’il est
en train de répondre à Wallace, lui dit : « C’est vous, et non lui,
avec qui je suis en train de débattre. » Oui monsieur le président,
pourquoi vous débattez avec Wallace ?
En réponse aux mensonges de Biden : « Vous ne l’avez pas fait pendant
47 ans, vous ne l’avez pas fait, vous allez le faire maintenant ». Mais
Trump interrompt tout le monde beaucoup trop et il y a trop de
brouhaha, ce qui permet à Biden de ne pas répondre, et empêche Trump de
le pousser à répondre. A plusieurs moments d’ailleurs, Trump rate la
possibilité de forcer Biden à répondre parce qu’il lui coupe la parole
et est trop désordonné dans ses réactions, au lieu de coincer Biden sur
ses mensonges.
- : « Tout le monde sait que c’est un menteur ».
On
dit ça du président en exercice, monsieur Biden ? Le président des
Etats-Unis ment tout le temps ? Pourquoi Trump a-t-il laissé passer ?
- Wallace demande à Biden : « allez-vous augmenter le nombre de juges à la Cour suprême ? »
- Biden dit qu’il refuse de répondre, ça fait très mauvais effet.
Bilan : Trump remporte ce segment.
Assurance santé
C’est une partie impossible à gagner par aucun des deux candidats en
deux minutes. L’assurance santé est un sujet complexe, compliqué,
technique, auquel personne ne comprend rien. La loi Obamacare faisait 5
000 pages.
Trump marque quelques points en disant qu’il a fait annuler
l’obligation de s’assurer de l’Obamacare, qu’il a fait baisser le prix
des médicaments, et que si Biden a des solutions, pourquoi il ne les a
pas mises en place en 47 ans de politique.
Biden marque des points en disant que 20 millions d’Américains sont
assurés avec Obamacare, et que Trump n’a pas de plan pour l’assurance
santé.
Wallace apporte son soutien à Biden en disant à Trump qu’il n’a pas été
en mesure de remplacer Obamacare en quatre ans de présidence. On
pourrait répondre que Trump a passé 2 ans et demi sous la pression de
la collusion russe et que ça l’a empêché de faire tout ce qu’il voulait
faire, mais la réalité est plus complexe : c’est surtout le Congrès
républicain qui a lâché Trump dans cette affaire.
Bilan : aucun des deux candidats ne gagne ce segment.
Coronavirus
Les échanges sont très décevants. Biden met toute la responsabilité du
coronavirus sur le dos de Trump, Trump dit qu’il a fermé très tôt les
vols depuis la Chine et évité des centaines de milliers de morts. Biden
s’adresse directement aux Américains en regardant la caméra, et la
caméra prend Biden en gros plan, ce qu’elle ne fait pas pour Trump.
Trump manque de précision dans ses réponses – c’est un reproche que je
lui ai déjà fait au mois d’avril lorsqu’il tenait des conférences de
presse quotidiennes sur le coronavirus, alors qu’il faut être précis,
factuel et éviter les généralités. Trump a d’ailleurs interrompu ces
conférences lorsqu’il a constaté qu’elles ne servaient à rien, les
médias prenaient tout le négatif qu’ils pouvaient trouver et oubliaient
le positif.
- Biden ment sur ce que Trump aurait dit au président chinois Xi.
- Trump : « les Fake News vous donnent une bonne presse, ils me donnent une mauvaise presse ».
- Biden : « il a fermé l’économie, il a bouclé les gens chez eux ». Biden accuse Trump de tout ce qui arrive.
- Biden
s’adressant aux Américains dans la caméra qui fait un gros plan sur lui
(Biden a les yeux vides) : « Vous croyez ce qu’il vous dit alors qu’il
ment et qu’il a paniqué et regardé la Bourse ? »
Biden accuse Trump d’être stupide. (He is not smart).
- Trump : « N’utilisez pas le mot smart avec moi : en 47 ans, vous n’avez rien fait ». Trump est très agressif.
- Biden : « Shhhut, taisez-vous une minute. Il joue tout le temps au golf. »
- Trump : « il porte tout le temps un gros masque. »
- Biden : ‘Si tout le monde porte un masque, nous allons sauver 100 000 vies. »
- Trump
: « Fauci dit le contraire ». Trump est constamment sur la défensive,
et ce n’est jamais bon. Biden en profite. Il a appris son texte par
cœur.
- Biden : « il ne s’intéresse pas à votre santé, seulement à la sienne. Il est totalement irresponsable. »
Joe
Biden est plus mordant, il accuse Trump plus durement, Trump est sur la
défensive. La situation est injuste parce que Biden n’a aucun compte à
rendre, il n’était pas impliqué, donc il peut reprocher à Trump les
morts, et Trump a dû gérer une pandémie pour laquelle aucun dirigeant
au monde n’est préparé. Mais on ne s’attend pas à ce que Biden soit
objectif ou honnête, n’est-ce-pas ?
Bilan : Biden remporte ce
segment sur le coronavirus parce qu’il ne pouvait pas le perdre, et que
Trump ne pouvait pas le gagner.
Economie
- Trump
: « On a créé une grande économie, et c’était douloureux de la fermer.
Et nous la rouvrons ». Trump répond sur la fermeture du pays et corrige
quelques mensonges de Biden, mais il y en a trop. Trop de mensonges.
Biden reprend tous les accomplissements de Trump et se les attribue.
- Biden : « On n’a pas besoin de quelqu’un qui ferme l’économie. »
- Biden,
face à la caméra, s’adressant aux Américains : « les milliardaires
comme lui s’en sortent très bien, à cause des taxes. Mais vous chez
vous, vous souffrez. »
- Biden : « Il va être le 1er président de l’histoire qui aura moins d’emplois en partant qu’en arrivant. »
- Trump : « j’ai rouvert le football ».
Wallace, évidemment, évoque l’affaire que le New York Times a sortie juste avant le débat : les impôts que Trump a payés.
- Est-ce vrai que vous avez payé 750 dollars en 2016 et 2017 ?
- Trump : « J’ai payé des millions en taxes. »
- Biden : « Montrez-nous votre déclaration d’impôt. »
- Wallace : « Combien vous avez payé d’impôts en 2016 et 2017 ? »
- Trump : « Des millions de dollars. »
- Trump,
se tournant vers Biden : « Il a voté la loi qui nous a donné des
déductions, et j’ai profité d’une réduction donnée par Obama. Il
faudrait être idiot pour ne pas profiter des réductions d’impôts. »
Biden
emprunte toutes les lignes économiques de Trump. Il dit que la taxe sur
les entreprises doit remonter à 28 % et pas 21 %. C’est une des
premières informations concrètes de ce débat. Nous savons que cela va
coûter des emplois et de la compétitivité, et nous savons que Biden
dira que c’est le résultat de la désastreuse économie de Trump.
- Trump : « pourquoi vous n’avez pas développé l’économie avec Obama ? »
- Wallace
donne un coup de main vicieux à Biden : « Obama a créé plus d’emploi
durant les trois dernières années que vous durant les 3 dernières
années. »
- Biden : « Nous avons hérité de la pire récession. On lui a donné une économie excellente et il l’a détruite. »
➜Petite
explication : dans l’échauffement des échanges mensonges, Trump ne
pouvait pas répondre, ça allait trop vite, il y en avait trop, tout le
monde coupait la parole à tout le monde, et Trump n’y était pas pour
rien. Mais la réalité est qu’Obama a redressé la crise en injectant des
fonds massivement dans l’économie, qu’elle a récupéré une partie de ses
pertes, mais l’économie des années Obama n’a jamais été fleurissante –
vous ne trouverez pas un seul gros titre, en 8 ans de présidence Obama,
dans les grands journaux qui soutiennent Obama comme le New York Times
ou le Washington Post, disant que l’économie pètait la forme ou
affichait des résultats excellents. Si je me trompe, montrez-les-moi.
De plus, Wallace parle de la situation de l’emploi à cause du
coronavirus pour laquelle Trump n’est pas responsable, en parlant de la
perte d’emplois.
- Biden
en profite et attaque Trump sur l’emploi, Trump se défend. « Il a fait
très peu, the art of the deal [en se moquant du livre best seller de
Trump] on a un déficit pire qu’avant sa présidence, avec la Chine. »
- Trump : « Votre fils a pris des milliards. Le maire de Moscou a donné des millions à Hunter Biden. »
- Biden
: « Rien n’est vrai. Ca a été totalement discrédité. Ce n’est pas vrai
». Biden est déstabilisé, et il ment : ça n’a pas été discrédité, ça
n’a pas été contredit ou démonté, et tout est exact. Trump marque-t-il
des points auprès du grand public en attaquant Hunter Biden ? Pas
certain.
- Biden : « C’est dur de dire un mot avec ce clown. »
Oui,
Biden traite Trump de clown. Je peux vous dire qu’aucun Républicain n’a
manqué cette ligne, et qu’elle va rendre les gens furieux. Je peux vous
dire que cette insulte va faire voter des gens qui hésitaient à le
faire.
- Biden, face à la caméra : « Il ne veut pas parler de ce dont vous avez besoin. »
- Wallace à Trump : « vous interrompez plus que Biden. »
A
toutes les questions sur l’économie, Biden ment ou il reprend les
attaques de Trump et les accomplissements de Trump, et les retourne
contre lui. Wallace devrait corriger les mensonges de Biden comme il le
fait sur ceux de Trump, mais Wallace est un démocrate.
Bilan : malgré les attaques
groupées de Wallace et Biden, Trump remporte ce segment parce que les
faits sont de son côté et que les gens ont voté pour lui parce qu’ils
ont été déçus par les faibles performances des années Obama.
Ordre public, violences et émeutes
Donald Trump remporte non seulement ce segment avec brio, marque des
points importants, mais Joe Biden va faire la plus grosse erreur de ce
débat, et bien entendu aucun média ne le reprendra.
- Wallace
va aider Trump sur ce point, en coinçant Biden. Il dit à Biden :
pourquoi n’avez-vous pas appelé les maires des villes où il y a des
émeutes pour leur dire de ramener l’ordre ?
- Biden n’a aucune réponse, et il n’apparaît pas comme le défenseur de l’ordre public.
- La
réalité, c’est Trump qui la révèle : « il ne veut pas parler de l’ordre
public parce qu’il va perdre le soutien de l’extrême gauche. »
- Wallace demande à Biden s’il soutient Black Lives Matter (BLM).
- Biden
ne répond pas et ça fait très mauvais effet (il ne veut pas perdre
l’électorat des jeunes anarchistes et marxiste), car la majorité des
Américains est maintenant hostile aux émeutes et aux violences de
l’organisation BLM.
- Wallace demande à Trump s’il dénonce les violences des blancs suprémacistes, et s’il les condamne.
- Trump
: « ce que je vois, c’est que les violences sont organisées par
l’extrême gauche. Mais pour les blancs suprémacistes, dites-moi ce que
vous voulez que je dise, et je vais le dire, mais les violences, elles
viennent de l’extrême gauche, et Biden ne veut pas les dénoncer. »
Biden ment sur les KKK et dit que Trump a dit que ce sont des gens très bien.
- Biden
: « Il est sorti de son bunker pour diviser. C’est un président qui
incite à la division et à la haine. Les noirs africains sont tués par
le Coronavirus. Ce qu’il fait est un désastre pour la communauté noire.
»
- Trump
: « Vous avez insulté les noirs, vous avez dit que « les noirs sont des
super prédateurs » et vous avez voté la loi qui a renforcé leur
incarcération. Une des premières réponses très précises d’un Trump qui
ne semble pas s’être assez préparé pour ce débat.
- Trump : « Vous ne voulez pas rétablir l’ordre ».
- Biden
: « il y a des inégalités dans ce pays. Il y a des pommes pourries dans
la police. Je vais inviter les groupes de droits civiques à la
Maison-Blanche et réparer le système. »
- Trump : « On a des problèmes dans les villes démocrates ».
- Wallace
: « il y a autant de violences dans les villes républicaines. » (Je ne
crois pas que ce soit exact : Seattle, Portland, Minneapolis, etc. )
- Trump : « il ne veut pas parler de loi et ordre parce qu’il va perdre le soutien de l’extrême gauche. »
- Wallace à Biden : « Vous soutenez BLM ? »
- Biden ne répond pas et dit « Je suis opposé à définancer la police. »
- Trump : « il vient de perdre le vote de l’extrême gauche ».
- Trump à Biden : « Nommez un seul groupe de police qui vous soutient ». C’est une très bonne question de Trump.
- Biden n’a pas de réponse. Il bredouille.
- Trump : « il n’a pas de réponse, il n’y en a aucun.
- Biden : « il faudrait du temps. »
- Trump : « on peut attendre. »
- Biden est coincé, et fait très mauvaise figure en ne pouvant pas répondre.
- Wallace à Biden : « vous n’avez jamais appelé les maires pour leur demander de calmer la violence ».
- Hélas, Trump casse la réponse qui aurait encore enfoncé Biden en lui coupant la parole.
- Wallace à Trump : « Est-ce que vous condamnez les groupes d’extrême droite et les blancs suprémacistes ? »
- Trump : « Tout ce que je vois vient de la gauche. »
Et là, Biden fait sa grosse faute :
- Trump : « les groupes violents, c’est BLM et Antifa ».
- Biden : « Antifa est une idée, ce n’est pas un groupe violent. »
Antifa
n’est pas un groupe violent ? Biden vient de faire une erreur majeure,
car les Américains n’aiment pas ce chaos dans les villes, et ils savent
que les Antifas en sont responsables. Antifa est composé d’une
multitude de groupes non hiérarchisés, mais ils existent bel et bien,
ont des comptes Twitter, des messages, des logos, des visuels et des
méthodes visibles.
Bilan : Trump remporte de loin
ce segment. Biden ne sort pas comme défenseur de l’ordre public, mais
comme complice passif des émeutes qu’il ne condamne pas.
Wallace : « dites-nous pourquoi il faut voter pour vous. »
- Trump
: « Aucune administration n’a fait autant que nous en 3 ans, malgré
l’impeachment et le hoax sur la Russie. Avant le coronavirus, tout
allait bien, il y avait un chômage très faible, nous avons réparé
l’économie, réparé l’administration des anciens combattants, et nous
avons reconstruit l’armée.
Au
lieu de répondre à la question et dire pourquoi il faut voter pour lui,
Biden explique pourquoi il ne faut pas voter pour Trump, parce qu’il
sait que les gens ne voteront pas pour lui, mais contre Trump, et c’est
ce qu’il veut mettre en valeur.
- Biden
: [Avec Trump] « On est devenus plus faibles, plus pauvres et plus
divisés. On lui a laissé une économie en pleine forme. Il est la
marionnette de Poutine. Les milliardaires sont devenus plus riches.
Dans l’administration Obama, il y avait 50 % de violence en moins, il y
a beaucoup plus de violence. Vous avez dit que les soldats sont des
losers, et comment vous osez parler de mon fils, alors qu’il a fait
l’armée, mon fils était un patriote.
Là,
Biden parle des émeutes et des violences de la gauche et en fait porter
la responsabilité par Trump. Il parle de l’économie touchée par le
coronavirus, et en fait porter la responsabilité par Trump.
- Trump
: Il [Hunter Biden] a été viré de l’armée pour consommation de cocaïne,
et il a fait une fortune avec des affaires de corruption en Ukraine et
en Chine. »
- Biden : « Il a eu des problèmes de drogue, comme beaucoup. »
Concernant
les soldats que Trump aurait traités de losers, Wallace ne laisse pas
Trump répondre quand il rappelle que Biden a traité les militaires de
stupides bâtards, et ce ne sont pas par des témoignages anonymes, mais
des propos capturés en vidéo.
Bilan : difficile de dire, je
crois que chaque camp y trouvera les arguments qu’il a envie d’y
trouver. Egalité ou léger avantage à Trump.
Réchauffement climatique
- Trump
: « Je veux de l’eau pure et un air pur. Nous sommes très bon pour ça
en Amérique, et on n’a pas détruit nos entreprises [avec les
restrictions pour le gaz carbonique], et l’Accord de Paris était un
désastre. Les forets brûlent parce qu’on ne retire pas les branches et
feuilles mortes, on ne les entretient pas ».
- Wallace : « vous croyez au changement climatique ? »
- Trump : « Je crois à tout ce qui peut apporter moins de pollution. Je suis favorable aux voitures électriques.
- Wallace : « Biden, répondez à Trump. Trump dit que vous allez écroulez l’économie avec les limites sur l’énergie ».
- Biden
: on n’autorisera plus de nouveaux champs de pétrole et de gaz, on veut
des énergies renouvelables. On peut arriver à net zéro d’ici 2030 et
créer des emplois. Je vais revenir à l’Accord de Paris. Au Brésil, je
vais dire ‘voilà 20 milliards de dollars, arrêtez de détruire la forêt
tropicale ».
Trump
l’interrompt au seul moment ou Biden commençait à perdre les pédales et
commençait, comme dans les vidéos que le gens ont vu, à tenir des
propos incohérents.
- Wallace : « Trump, laissez-le finir. »
- Biden : « il sait pas faire ça. »
Bilan : un segment aussi ennuyeux et technique que l’assurance santé. Aucun gagnant.
Vote par correspondance
Sur ce segment, Joe Biden induit les gens en erreur avec des mensonges
constants, et Wallace le laisse faire sans jamais le contredire. Ce
segment montre que Joe Biden est un menteur en série, et s’il devient
président, il mentira pendant quatre ans et apportera beaucoup de
dégoût et d’arrière-goûts amers à l’Amérique, qui avait voulu se
défaire de ça en élisant Trump après Obama.
- Biden nie qu’il y a des fraudes avec le vote par correspondance. Il ment, les faits lui donnent tort.
- Biden ment encore et dit que Trump ne va pas partir s’il perd les élections.
- Trump
: « Le vote par correspondance est un désastre. Ils découvrent des
bulletins jetés dans les poubelles, ils envoient des bulletins en
double. A cause du vote par correspondance, on peut ne pas connaître
les résultats avant des mois. C’est honteux. Ils acceptent les
bulletins 15 jours après, c’est honteux. Aujourd’hui, des gens de ma
campagne ont été jetés dehors quand ils ont voulu vérifier les
dépouillements. Si je vois des milliers de bulletins qui disparaissent
et des fraudes massives… »
- Biden répète le mensonge qu’il n’y a pas de fraude avec le vote par correspondance.
- Trump
donne des exemples précis, nomme des villes où il y a des fraudes et
des bulletins perdus ou en double. Ce qu’il dit est factuel, Biden nie
les faits.
Bilan
: Trump a été assez précis et détaillé, et il a fait passer le message
auprès des gens peu informés, qui vont commencer à penser qu’en votant
par correspondance, leur vote risque de ne pas être pris en compte. Il
a gagné ce segment contre Biden qui s’est contenté de nier.
Conclusion
Trump a été moins bon que Trump, et Biden a été meilleur que Biden.
Biden n’a pas dérapé, il devait avoir été dopé, il a beaucoup manqué de
respect à Trump, il a énormément menti, mais les gens peu informés ne
peuvent pas le savoir. Trump a trop interrompu les débats, il et a été
trop vague quand il fallait être précis. Il a beaucoup été sur la
défensive, et a montré qu’il n’était pas très performant face à
quelqu’un qui ment autant.
La stratégie qui consiste à énormément et constamment mentir marche
bien contre Trump, et Joe Biden est un grand menteur, cela n’était pas
aussi clair avant ce débat. Mentir à ce point, c’est dégoûtant.
Les autres débats seront différents. Trump sera mieux préparé. Biden sera le même.
Pour moi, Joe Biden a remporté ce débat parce qu’on attendait un Biden
éteint, confus, mélangeant ses phrases, et cela n’a pas été le cas. Au
lieu de cela, on a eu un maître du mensonge et du retournement contre
Trump des accusations qui lui sont faites.
En écrivant ceci, je m’aperçois que j’aurais dû l’anticiper : la
lecture des tweets de Biden (ce n’est évidemment pas lui qui les
conçoit et les écrit), sont exactement cela : toutes les accusations
contre Biden étaient retournées contre Trump à l’identique, comme dans
un miroir.
Cela apparaît notamment lorsque Biden, qui passe toute la campagne
enfermé dans son sous-sol, dit de Trump qu’il est enfermé dans son
bunker (la Maison-Blanche). Là encore, c’est un mensonge, puisque Trump
est en campagne dans tout le pays, et que Biden ne sort presque pas de
chez lui. Mais Biden n’a aucun gêne à mentir comme un arracheur de
dent, c’est pour moi la grande révélation de ce débat. Il en est
répugnant.
Biden a beaucoup menti, toute la soirée. Wallace ne l’a jamais corrigé,
mais il a interrompu Trump plusieurs fois. Les modérateurs des autres
débats sont beaucoup plus violemment anti-Trump que Chris Wallace.
Trump a été dominé par Biden sur le coronavirus. Il n’était pas assez
précis et pas assez bien préparé, et il a laissé Biden s’échapper avec
ses mensonges. Biden a raconté des histoires en disant qu’il a laissé
une économie florissante à Trump, et encore plus en disant que Trump a
délabré l’économie. Trump n’a pas été assez vif dans sa réaction.
La presse ne le répétera pas demain, mais Biden a fait une énorme faute
en disant qu’Antifa n’est pas un groupe violent mais une idée. Des deux
candidats, Biden a été très insultant, il a traité Trump de clown, et
dit que Trump est un menteur. Trump n’a pour ainsi dire pas insulté
Biden.
Je pense que Donald Trump doit être furieux de sa mauvaise prestation
comparé à son talent d’orateur durant les meetings de campagne. Biden
doit jubiler comparé à ses médiocres performances durant les
interviews. Car Trump a été moins bon que lui-même, et Biden meilleur
que d’habitude.
A partir de demain, les sondages – qui sont toujours truqués en
interrogeant 5 ou 6 % de Démocrates de plus que de Républicains ; qui
ne disent pas combien d’Indépendants interrogés votent Démocrates et
combien Républicains ; qui ne segmentent pas la population par âge dans
les mêmes proportions que l’élection de 2016 ; qui donnent plus de
poids aux jeunes qui votent à gauche et moins aux plus âgés qui votent
plus à droite – à partir de demain les sondages commencent à prendre du
sens. Et les sondages nationaux, que nous allons bien entendu vous
rapporter, n’ont pas non plus beaucoup de sens, car c’est une élection
par Etat.
La soirée a été longue…
Pour terminer ces lignes, voici les premiers sondages disponibles :
- Pour NewNationNow, Trump sort gagnant avec 60% contre 30 pour Biden.
- Pour
Telemundo, la chaine hispanique totalement anti-Trump, Donald a écrasé
Biden : 66% contre 34%. J’attend de lire les explications car le vote
latino est plutôt du côté Biden.
- Syracuse.com : avantage à Trump dans son sondage en ligne (les sondages en ligne ne sont pas très fiables)
- TVLine.com, sondage en ligne : Trump 53,06%, Biden 46,94
- Sur CNN, 6 personnes sur 10 affirment que Biden a remporté le débat. CNN est exclusivement fréquenté par des anti-Trump.
- Pour CBS, Biden a remporté avec 48% contre 41% pour Trump
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