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16.05.2020
 
L’hiver du Covid français
ou le triomphe de Confucius-Mao



Par SIDNEY TOUATI

Sidney Touati est avocat fiscaliste, auteur de plusieurs ouvrages dont La face cachée de l'affaire Tapie, aux éditions Tatamis.

Lorsque le bloc soviétique s’est effondré, Samuel P. Huntington a procédé à une analyse géopolitique globale démontrant que l’histoire se structure dorénavant autour des grands blocs civilisationnels.
Il tire une conclusion étonnante : « La victoire de l’Occident dans la guerre froide n’a pas produit son triomphe, mais son épuisement. » (Le choc des civilisations, éd. O. Jacob, p.86).


L'Occident a du subir deux chocs culturels majeurs venant de la confrontation avec d’une part, les pays relevant de la civilisation islamique, et de l’autre des pays du bloc asiatique, confucéen-maoïstes.

Si le cœur des civilisations est la religion, alors on doit considérer que l’espace civilisationnel défini par Moïse/Jésus, s’oppose à celui de Mahomet et celui de Confucius/Mao.

La civilisation de Moise/Jésus a, dans un premier temps,  triomphé des religions polythéistes. L’Egypte ancienne, la Grèce antique, Rome et toutes les religions païennes, ont tour à tour été éliminées. La  Renaissance, le mouvement des Lumières et les révolutions technologiques des XIXème et XXème siècles ont donné à cet espace civilisationnel, un leadership écrasant. La Liberté et d’une manière générale les valeurs véhiculées par l’Occident, ayant une portée universelle, ont pénétré tous les continents, pendant que l’Empire de Confucius et celui de Mahomet  sommeillaient.

Le Japon fut le premier à s’ouvrir et à intégrer la technologie occidentale, tout en conservant jalousement ses traditions.  Il contribua, avec les deux grands idolâtres du XXeme siècle, Staline et Hitler, a précipiter le monde dans le chaos de la Deuxième guerre mondiale.

La civilisation de Moïse-Jésus écrasa cette résurgence de l’idolâtrie, construisant sur la base de ses valeurs –la démocratie, la liberté-, un nouvel ordre mondial prônant la coexistence pacifique des Etats avec la création de l’ONU et des différents organismes internationaux.

La Chine de Mao finit par « s’ouvrir » et par céder aux sirènes de ce monde occidental à la technologie flamboyante.

Le premier choc culturel important aboutit au « printemps de Pékin » de 1989.

L’intégration de la valeur « liberté » par les étudiants et une partie de la société chinoise, produit le « printemps de la Place Tienanmen ». La révolte fut matée dans le sang. Ebranlé, le pouvoir totalitaire se ressaisit. Le parti communiste reprit les choses en main. L’Occident qui avait dans un premier temps réagi vigoureusement, se coucha. Le géant asiatique fut admis dans tous les grands organismes internationaux. Le capitalisme d’Etat triomphait. Alléchées par des taux de profit élevés réalisés sous la tutelle d’un Etat qui tenait d’une main de fer les ouvriers et les salariés, les grandes firmes capitalistes transférèrent sans retenue leur technologie à la Chine.

Le deuxième choc culturel conduisit à l’effondrement des grandes dictatures arabo-musulmanes et au « Printemps arabe ».

Là encore, la poussée de fièvre fit long feu, et quasiment partout l’hiver glacial de l’intégrisme islamique étouffa le réveil de la liberté. La faiblesse de l’Occident encouragea le reflux. L’intégrisme islamique sous toutes ses formes, y compris la plus virulente, tel le terrorisme de masse, s’invita au cœur des pays occidentaux.

Le troisième choc culturel s’exprime ouvertement dans la crise de l’épidémie de grippe du Covid19.

L’Occident a cessé de dominer l’économie mondiale. La puissance chinoise est devenue centrale. L’Occident qui a transféré la production de 80% des molécules utilisées dans la fabrication des médicaments, dépend de la Chine pour soigner sa population.  « …la culture, elle, suit toujours la puissance. Au cours de l’histoire, l’expansion de la puissance d’une civilisation a en général été de pair avec l’efflorescence de sa culture et a presque toujours signifié l’usage de cette puissance pour répandre ses valeurs, des pratiques et ses institutions aux autres sociétés. » (S. Huntington, o.c., p.96)

Face à l’épidémie, pour la première fois de sa longue histoire, l’Occident renonce à toutes ses valeurs  fondatrices.

La liberté est supprimée. La relation à l’autre détruite. Les droits fondamentaux sont bafoués. Populations et gouvernements terrorisés se rangent sous l’aile protectrice des valeurs confucéennes : l’amour du prochain cède la place à la culture de la distance. Moïse-Jésus sont battus à plate couture, y compris au Vatican, y compris en Israël. Seuls les évangélistes américains semblent résister à la déferlante du nouveau paganisme. 

La culture de la proximité, « aime ton prochain comme toi-même » Lévitique 17-19 –lieu de culte, théâtre, cinéma, restaurant, lieu de travail, rue, rituel des rencontres (serrement des mains, bises, accolades…) – est remplacée par la culture de la séparation d’avec l’autre. Le culte de l’autorité, la peur de l’innovation, l’infantilisation massive des citoyens, le capitalisme d’Etat dictatorial, le règne de la bureaucratie…signent le triomphe de la culture de Confucius-Mao.

Une nouvelle idole apparaît : la haute-technologie. Les responsables politiques, religieux invitent leurs fidèles à prier sous la tutelle d’Internet et de l’Intelligence artificielle. Idem pour les enfants qui  ne sont plus obligés d’aller à l’école ; idem pour les théâtres, les cinémas, les restaurants, les grandes manifestations culturelles…qui sont interdits.

C’est la fin. La civilisation occidentale s’est évanouie en quelques mois. Comme en 1914, comme en 1940. De nouveau les « décombres », la ruine. L’obsession de la mort. Le triomphe de la peur. La fin du courage.

Qui sera capable de redonner force et vigueur à notre Civilisation ? Quand le noyau dur de la culture –la religion- s’est effondrée ; quand les responsables religieux acceptent de considérer le culte comme une activité superflue, non nécessaire…comme si aller à l’Eglise, au Temple ou à la Synagogue était comparable à la fréquentation d’un Club quelconque… Quand la « mystique républicaine » n’est plus, que les responsables scolaires autorisent les enfants et les enseignants à ne plus se rendre à l’école…quand les syndicats ne se battent plus pour préserver les emplois… Quand les Institutions destinées à défendre les principes fondamentaux de la République, abdiquent ; que le législateur encore une fois renonce à sa mission sacrée ; quand les journalistes ne font plus leur travail, deviennent les porte-parole d’un exécutif concentrant tous les pouvoirs…quand les metteurs en scène, les comédiens, les écrivains…abdiquent, font allégeance à la dictature du pouvoir exécutif.

Quels groupes, quelle force peuvent appeler au réveil ?

L’homme libre. L’homme libre résistera. S’opposera à l’instauration de la dictature
confucéenne-maoïste. L’homme libre inventera les nouveaux chemins de la liberté.

Il est nécessaire de renforcer le principe de la « séparation des pouvoirs » sans lequel nous le savons depuis Montesquieu, il n’y a pas de République.

1°) Le pouvoir religieux n’a pas à obéir aux décrets de l’exécutif. Le « sacré » ne doit pas être profané par le pouvoir politique. A défaut, il n’existe plus. Plus rien n’est sacré.

2°) Il faut séparer la médecine du pouvoir exécutif. La fusion-confusion de ces deux pouvoirs est dangereuse pour les libertés. La maladie doit être du ressort exclusif de la relation libre médecins-patients; l’exécutif ne doit pas imposer une médecine officielle, une médecine d’Etat. Comme ne cesse de le répéter le professeur Raoult et d’autres à sa suite, il faut laisser les médecins soigner leurs patients. En France, aujourd’hui, cette pratique médicale libre est sous contrôle des bureaucraties d’Etat. Le nombre extrêmement élevé de morts en est la conséquence directe.

3°) Le pouvoir exécutif doit être séparé de la technologie de l’intelligence artificielle. Sauf circonstances particulières, (lutte contre le terrorisme, état de guerre) l’exécutif doit prendre l’engagement solennel de ne jamais avoir recours aux moyens techniques fournis par l’Intelligence artificielle, pour contrôler l’ensemble des citoyens. Toute transgression de ce principe ne peut être que limité dans le temps et doit obtenir l’aval préalable du Parlement réuni en Congrès. Ce principe doit avoir rang de norme supérieure du droit. Il doit figurer dans la déclaration des Droits de l’homme au niveau européen et mondial. L’intimité, la vie privée de chaque citoyen doit être protégée et garantie.

4°) Doit être considérée comme un crime contre l’humanité, l’utilisation de l’intelligence artificielle par le pouvoir exécutif pour assoir sa domination et contrôler l’ensemble de la population, comme cela se passe déjà dans certains pays totalitaires. 

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